Agir sur le levier du recouvrement des créances, pour améliorer l’autofinancement et la performance des entreprises et des banques

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novembre 13, 2019

Agir sur le levier du recouvrement des créances, pour améliorer l’autofinancement et la performance des entreprises et des banques

Par Patrice Yantho,
CEO JMJ Africa

Les intervenants dans la chaîne du recouvrement sont nombreux et multiples, avec des rôles et missions
bien définis d’un pays à l’autre. On y retrouve notamment le débiteur, le créancier, les témoins, les avalistes, les garants, le notaire, l’huissier, l’officier de police judiciaire, l’avocat, le conseil, le juge, le détective, l’Etat et ses démembrements, la banque, la commission bancaire et la banque centrale. Cette chaine traduit l’importance du recouvrement des créances dans la vie des personnes physiques ou morales, y compris l’Etat, les organisations internationales, les bailleurs de fonds et les porteurs de projets d’investissements. Certains pays envisagent même de légiférer, en préparant des sanctions pour non remboursement des crédits dans le secteur bancaire, bien que la partie publique ne soit pas susceptible de sanction pénale ou civile, en cas de non- paiement. Pourtant, les retards de paiement attribuables à cette dernière
sont tout aussi préjudiciables aux tiers qu’à l’économie nationale. C’est qu’en général, créancier au même titre que les autres, l’Etat bénéficie de pouvoirs et prérogatives exorbitants, parmi lesquels le privilège du Trésor. Sans oublier le pouvoir de régulation, ainsi que son rôle décisif dans le recouvrement des
créances.
Agir sur le levier du recouvrement des créances peut contribuer, selon l’importance de la créance, à améliorer la restructuration ou la performance des entreprises et des banques.
Pour toute entreprise, le recouvrement des créances permet de pallier les problèmes de tension de trésorerie, tout en aidant à accroître la capacité d’investissement dans une dynamique de performance et d’amélioration de la capacité d’autofinancement. A titre d’illustration, le non remboursement des créances ou des crédits de TVA, peut entraîner ou augmenter un déséquilibre financier, puisque l’entreprise peut se
trouver privée de liquidités dont elle a besoin pour se refinancer, financer son fond de roulement et ses investissements. En général, cette situation perturbe son cycle d’exploitation ; augmente son
endettement fiscalo-douanier ou bancaire, à travers les intérêts de retard, frais financiers et pénalités ; expose les entreprises et promoteurs à des risques d’appauvrissement, au moyen de la diminution de leur patrimoine lorsque celui-ci était adossé au financement bancaire défaillant, toute chose qui réduit
la capacité de l’entreprise à payer plus d’impôts.Pour les banques, la maîtrise du recouvrement des créances et de la gestion des impayés est nécessaire pour la survie et la performance. Le recouvrement permet de booster le Conseils et bonnes pratiques pour faciliter le recouvrement des créances résultat des établissements bancaires, à travers la reprise des provisions et la réduction subséquente du taux de
vulnérabilité ; il transforme les pertes en revenus et libère les fonds pour de nouveaux crédits. Il contribue à
l’éducation des clients sur la culture de remboursement. Le recouvrement effectif des créances est un indicateur d’une bonne gestion et d’appréciation des risques, dans la dynamique d’une relation harmonieuse entre les régulateurs, les actionnaires, les employés et les épargnants. L’intérêt du recouvrement des créances se justifie dans le secteur bancaire. A titre d’exemple, selon la Commission
bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), au 31 août 2017, les créances en souffrance dans la zone CEMAC étaient de FCFA 1 443 milliards (contre FCFA 1 332 milliards à fin août 2016, soit une augmentation de 8,31%), situation essentiellement attribuable à une flambée des créances douteuses, passées de FCFA 799 milliards en août 2016, à FCFA 903 milliards (+12,94%) à la même date en 2017. Par ailleurs, les provisions pour dépréciation des comptes clientèles, qui s’établissaient à cette date à FCFA 779 milliards, étaient
en augmentation de 15,38% sur un an.
D’où l’urgence d’agir sur le levier du recouvrement des créances, pour réduire le taux de sinistralité dans les
établissements de crédits et contribuer à faciliter le financement des
entreprises.

POUR LA PARTIE PUBLIQUE
– Réduire, voire éliminer les lenteurs judiciaires, y compris celles observées dans la rédaction des décisions de justice ;
– En matière de crédit de TVA, l’Etat doit garantir et domicilier le paiement dans la banque qui prendrait sur elle de faire un remboursement anticipé, en attendant le remboursement à la date indiquée ;
– Harmoniser et rendre plus effectives les procédures de règlement des dettes de l’Etat et ses démembrements vis-à-vis des PME ;
– Prendre des mesures pour supprimer les contraintes de coûts des recouvrements ;
– Adopter des mesures de lutte plus efficaces contre la corruption.

POUR LA BANQUE CENTRALE :
– Faciliter l’agrément les sociétés de recouvrement des créances à rémunérer au succès ;
– Alléger les taux des financements bancaires sur les préfinancements des crédits de TVA dus par les Etats
aux entreprises.

POUR LES BANQUES :
– Faire preuve de plus de rigueur et de professionnalisme dans l’instruction, l’analyse des demandes de
financement, et après accord de financement, faire un bon suivi des décaissements et de la destination
des fonds prêtés, ainsi que du remboursement effectif ;
– Mettre à jour et en conformité, les dossiers KYC (know your customer) des clients, anticiper sur la
constitution des preuves et les éléments de recouvrabilité, organiser les décaissements après signature
des conventions requises et prise effective des sûretés convenues ;
– Financer en adossant le recouvrementsur ceux qui peuvent rembourser en cas de défaillance du débiteur
principal : fonds de garanties, assurances, tiers solvables et actifs réalisables …
– Formaliser et constituer les garanties requises et veiller à leur mise à jour ;
– Suivre les financements et recruter des cabinets spécialisés dans le suivi des financements et des projets
(permet les alertes et la réduction de la gravité de l’insolvabilité) ;
– En matière de restructuration, financer un plan pertinent et crédible, réalisé avec l’expertise et l’assistance
requises ;
– Eviter les crédits de complaisance ;
– Externaliser le recouvrement des créances garantira plus d’efficacité et de célérité dans le recouvrement ;
– Développer l’affacturage ;
– Renforcer les capacités opérationnelles des responsables en charge du service juridique et du
service du recouvrement.

CONSEILS POUR LES ENTREPRISES
– S’entourer de l’expertise lors de la négociation, de la conclusion et de la gestion des contrats, notamment ceux conclus avec la clientèle ;
– Procéder à un archivage et à un suivi rigoureux des transactions avec les potentiels débiteurs ou avec les
débiteurs actuels ;
– Alerter les services dédiés dès les premiers signes présageant des difficultés du client, et ne pas laisser
«pourrir» la situation ;
– Recourir à l’externalisation, afin de rester concentré sur ses activités historiques, en profitant du retour
d’expérience et de la valeur ajoutée de l’intervention d’un professionnel du recouvrement, externe à l’entreprise.

Pour vous faire accompagner dans vos opérations de recouvrements des créances, contacter ceo@jmjafrica.com
ou jeanclaude.ngouyamsa@jmjafrica.com

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