Maroc : L’investissement direct étranger net a augmenté considérablement pour s’établir à 2,5 % du PIB

Déficit énergétique : Permettre à 645 millions d’Africains d’accéder au développement via l’énergie solaire
juin 6, 2019
Commerce de détail : L’Afrique est le prochain marché de la grande distribution du 21ème siècle
août 29, 2019

Maroc : L’investissement direct étranger net a augmenté considérablement pour s’établir à 2,5 % du PIB

Le 13 mai 2019, le conseil d’administration du Fonds Monétaire International (FMI) a achevé les consultations au titre de l’article IV avec le Maroc. Il en ressort que la croissance économique a fléchi à 3 % en 2018, en raison d’un ralentissement de la croissance dans l’agriculture et le secteur tertiaire. Et que le chômage reste proche de 10 % et est particulièrement élevé parmi les jeunes. «L’inflation globale a atteint 1,9% en 2018 en partie à cause de la hausse des prix de l’alimentation », souligne le conseil d’administration du FMI , dans un communiqué de presse datant du 16 juillet 2019.De ses consultations avec le Maroc, l’institution de Bretton Woods note également que l’assainissement des finances publiques a ralenti en 2018, le déficit budgétaire se stabilisant à 3,7 % du PIB en raison de la bonne tenue des recettes de la TVA et de la maîtrise de la masse salariale. Lesquels ont compensé en partie la baisse des impôts sur les sociétés et des dons, ainsi que la hausse des subventions au butane.

Mais malgré cette bonne tenue des exportations dans les secteurs de l’automobile et du phosphate, le  FMI fait savoir que le déficit des transactions extérieures courantes s’est creusé à 5,4 % du PIB;  en raison de la hausse des importations d’énergie et de biens d’équipement, ainsi que de la baisse des envois de fonds, des dons officiels et des recettes touristiques.  Quant à l’investissement direct étranger net, il a augmenté considérablement pour s’établir à 2,5 % du PIB. Les réserves internationales, pour leur part, ont diminué à 24,4 milliards de dollars, mais elles restent à un niveau satisfaisant (aux environs de 5,2 mois d’importation).S’agissant de la capitalisation des banques, le conseil d’administration estime qu’elle est adéquate, tout comme les risques pesant sur la stabilité financière sont limités. Qu’en est-il des créances en souffrance? Le FMI  affirme qu’elles restent relativement élevées, mais qu’elles sont bien provisionnées. « Les limites réglementaires visant à réduire la concentration du crédit et la collaboration internationale des instances de contrôle visant à limiter les risques liés à l’expansion des banques marocaines en Afrique sont en train d’être renforcées », indique-t-il.

En dépit de quelques failles, le conseil d’administration considère que les perspectives du Maroc à moyen terme restent favorables : la croissance devrait atteindre 4,5 % d’ici 2024. Cependant, relativise-t-il,  ces perspectives sont exposées à des risques intérieurs et extérieurs considérables, notamment des retards dans l’exécution des réformes, un fléchissement de la croissance dans les principaux pays partenaires (en particulier la zone euro), une hausse des prix du pétrole, des risques géopolitiques et la volatilité des conditions financières. « Du côté positif, une baisse des prix internationaux du pétrole pourrait encore renforcer la résilience de l’économie et un approfondissement de l’intégration régionale dans la région du Maghreb pourrait devenir une nouvelle source de croissance à moyen terme pour le Maroc », informe le FMI.

Tout en félicitant les autorités pour la mise en œuvre d’une politique macroéconomique saine, le conseil a noté avec satisfaction l’accélération des réformes qui a contribué à améliorer la résilience de l’économie marocaine et à en accroître la diversification. Et même si  les administrateurs notent l’impact que pourraient avoir l’incertitude et les risques mondiaux sur l’économie marocaine, ils appellent les autorités à continuer de s’engager à mener une politique économique saine afin d’accélérer la croissance et de la rendre plus inclusive. Pour le FMI, les autorités  doivent poursuivre l’assainissement des finances publiques afin de maintenir la viabilité de la dette, tout en préservant les investissements prioritaires et les dépenses sociales à moyen terme.  Tout comme il conseille de mener une politique monétaire accommodante,  étant donné que l’inflation est modérée et que la croissance de l’économie et du crédit est terne. Saluant le début de l’assouplissement du taux de change l’an dernier, le Fonds a encouragé les autorités à profiter de la conjoncture actuelle pour poursuivre cette réforme en la planifiant avec soin et en faisant preuve d’une bonne communication.

James Razak

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *